Loft Confluence — 2024
Quand l'industrie cède la place à la vie habitée.
Rouen · Normandie
Résidentiel privé
Béton · Acier · Verre
680 m²
Présentation
Un volume brut que l'on a refusé de lisser.
Le Loft Confluence est la transformation d’une ancienne halle de chaudronnerie de 680 m² construite en 1887, abandonnée depuis 2009, dans le quartier Saint-Sever à Rouen. Le programme associe un grand espace de vie ouvert sous charpente métallique, trois chambres en mezzanine, un atelier-bibliothèque et une cour intérieure couverte de verre. La commande tenait en une phrase : garder tout ce qui raconte l’histoire du lieu, et ne rajouter que ce qui est nécessaire.
Le résultat est une architecture du palimpsest, les strates du temps restent lisible, où le béton brut et les fermes en acier rivetées coexistent avec le chêne, le verre et la lumière zénithale.
Lieu
Rouen, Seine-Maritime
Année de livraison
2024
Surface habitable
680 m²
Type
Loft — haut de gamme
Hauteur sous charpente
9 m
Structure
Charpente métallique rivetée (1887) / béton
Façade
Briques terre cuite restaurées + châssis acier noir
Paysagiste
Atelier Noir, Rouen
Ingénierie
Brunel et Associés, Rouen
Récit de projet
Ce que la rouille conserve, et ce que l'architecte choisit de ne pas effacer.
Le chantier a duré dix-neuf mois. Chaque décision a été précédée d’une question simple : faut-il réparer, conserver ou intervenir ? La plupart du temps, la réponse était : réparer.
La halle comme programme donné
Quand Julien Marceau a visité la halle pour la première fois, elle était vide depuis quinze ans. Le sol béton était fracturé, les verrières latérales bouchées, les fermes métalliques orange de rouille. Il a marché jusqu’au centre de la nef, a levé les yeux vers la charpente, et compris que le projet était déjà là, entier, patient, en attente.
La décision fondatrice a été de ne rien démolir de la structure existante. Les fermes rivetées du XIXe siècle ont été sablées, traitées, puis laissées apparentes. Les briques de la façade sur rue ont été rejointoyées à la chaux. Les murs intérieurs de moellon ont été simplement brossés. C’est ce respect du squelette existant qui donne au loft son caractère et sa dignité.
« La halle n’avait pas besoin d’être sauvée. Elle avait besoin d’être réveillée. »
La lumière comme matière principale
Les verrières latérales avaient été murées dans les années 1980. Le studio a décidé de toutes les rouvrir, dix-huit châssis d’acier noir à vitrage feuilleté et d’en ajouter six en toiture dans l’axe de la nef. Résultat : la lumière traverse l’espace de 7h à 19h, changeant d’angle et de couleur selon les saisons.
Le studio a résolu le problème thermique non par remplacement des vitrages anciens, mais en ajoutant une seconde peau intérieure légère, un couloir de verre de 1,2 m entre la façade et l’espace habité. Ce double mur concentre la chaleur solaire passive tout en conservant les dessins d’origine des fenêtres vus de la rue.
L'intérieur comme stratification du temps
À l’intérieur, les interventions contemporaines sont lisibles comme des couches géologiques posées sur le fond historique. Le sol en béton poli contraste avec les fermes noires au-dessus. La mezzanine en acier léger flotte à mi-hauteur sans toucher les murs existants. Les cloisons des chambres sont en chêne naturel, douces, claires, jamais définitives dans un volume qui les déborde de toutes parts.
Galerie photographique
Chaque prise de vue est un moment précis de la journée.
Données techniques
Construire sur l'histoire exige une rigueur accrue.
680
m² habitables
19
mois de chantier
1887
année de construction
Structure & Enveloppe
Fondations
Fondations existantes réhabilitées
Ossature
Charpente métallique rivetée XIXe
Isolation
Double peau intérieure — verre feuilleté
Bardage ext.
Briques terre cuite restaurées
Façade principale
Châssis acier noir laqué
Toiture
Toiture zinc + 6 verrières zénithales
Performance & Énergie
Label
RT Réhabilitation 2012 — Label BBC-R
Chauffage
Plancher chauffant eau + radiateurs fonte
ECS
PAC réversible sur nappe phréatique
Ventilation
VMC double flux
Consommation
< 55 kWh/m²/an
PV
8 panneaux PV en toiture secondaire
Palette matériaux
Quatre matières, une grammaire cohérente.
1
Briques terre cuite restaurées
Brique XIXe restaurée, rejointoyée à la chaux naturelle. Patine d’origine conservée.
1
Acier noir laqué mat
Châssis, escalier, mezzanine. Laqué mat haute température. Présent sans s’imposer.
1
Béton poli naturel
Dalle existante poncée et polie. Teinte naturelle conservée. Traces de l’histoire inscrites dans la matière.
1
Chêne naturel huilé
Cloisons, portes et mezzanine. Bois massif huilé naturel. Chaleur organique contre la minéralité du béton.
« Le plus beau geste de ce chantier, c'est tout ce qu'on n'a pas fait. Ce qu'on a conservé, réparé, réveillé plutôt que remplacé. »
Julien Marceau
Architecte DPLG
Marceau Studio — 2023