Atelier Seurat — 2020

Une verrière au nord, et la lumière comme seul programme.

Paris 14ᵉ

Espace de création

Verre · Acier · Béton

210 m²

Présentation

Un volume nu dont on a refusé de fermer le ciel.

L’Atelier Seurat est la transformation d’un ancien atelier de peinture de 210 m² construit en 1892 dans le 14ᵉ arrondissement de Paris, à deux pas de la rue de la Gaîté. Le programme associe un vaste espace de travail sous verrière, une mezzanine-bibliothèque, une cuisine ouverte, une chambre de maître et une salle de bains nichée dans l’ancien débarras. Le maître d’ouvrage, un photographe et scénographe, avait une exigence absolue : ne jamais fermer le volume, ne jamais diviser la lumière.

Le résultat est un espace qui tient simultanément du musée, de l’appartement et de la forge, un lieu où travailler et habiter se confondent, portés par la même générosité du volume.

Lieu

Paris 14ᵉ

Année de livraison

2020

Surface habitable

210 m²

Type

Atelier — haut de gamme

Hauteur sous verrière

6,4 m au faîtage

Structure

Charpente métallique d’origine (1892) conservée

Façade

Brique de Paris apparente + enduit chaux gris

Ingénierie

Atelier F+, Paris

Récit de projet

Ce que la lumière du nord impose, et ce que l'architecte choisit de ne pas contrarier.

Le chantier a duré quatorze mois, mené dans l’hyper-centre de Paris avec toutes les contraintes que cela implique. L’accès était une ruelle de 2,8 m de large. Chaque livraison de matériaux était une logistique. C’est cette friction permanente qui a produit la sobriété absolue du projet.

La verrière comme point de départ absolu

Quand Julien Marceau a visité l’atelier pour la première fois, il était dix heures du matin. La verrière nord diffusait une lumière blanche, uniforme, sans ombre. Il s’est arrêté au milieu du volume vide, a regardé pendant un long moment, et a dit à son client : il ne faut presque rien faire. Garder ce volume. Garder cette lumière. Tout le reste découle de là.

La décision fondatrice a été de ne pas compartimenter. Dans un atelier de peinture, la lumière est le seul chef d’orchestre, elle tombe, elle change, elle modèle l’espace sans jamais se répéter. Introduire des cloisons, des plafonds intermediaires ou des matières absorbantes aurait trahi cette logique. Le studio a donc conçu l’ensemble comme une série d’épaisseurs plutôt que de pièces : des volumes emboîtés qui filtrent sans fermer.

« Laisser entrer la lumière comme on accueille un visiteur. Sans condition. Sans rendez-vous. »

Le béton brut comme hommage aux artisans

Les interventions nouvelles ont été pensées pour être immédiatement identifiables. Le béton brut de la dalle et des appuis de fenêtre n’a pas été ciré, ni poncé, ni peint. Les traces de coffrage sont visibles. Les joints de reprise marquent le rythme des coulages. Cette honnêteté du matériau crée un dialogue direct avec les briques de Paris de la façade existante — deux matières produites par des mains différentes, à un siècle d’écart, qui se reconnaissent.

La mezzanine-bibliothèque a été construite en acier laqué noir mat — un seul plan horizontal posé sur deux poteaux fins, sans garde-corps massif, sans cloisonnement. Elle flotte à 3,2 mètres, laisse passer le regard, et depuis le bas, on aperçoit les reliures des livres alignés comme un second plafond. C’est le seul élément neuf de grande dimension. Il suffit à structurer tout l’espace sans l’alourdir.

Le seuil entre travailler et habiter

À l’intérieur, la frontière entre le studio de travail et l’espace de vie est délibérément floue. Le sol en béton poli s’étend sans interruption de la zone de travail jusqu’à la cuisine. Seule la montée vers la mezzanine marque un changement de registre, l’escalier en acier noir, à degrés ouverts, devient à la fois objet sculptural et seuil symbolique entre le monde du faire et le monde du vivre.

Galerie photographique

Chaque prise de vue est un moment précis de la journée.

Données techniques

Construire en hypercentre exige une rigueur accrue.

210

m² habitables

14

mois de chantier

6.4

m sous verrière

Structure & Enveloppe

Fondations

Dalle béton existante renforcée

Ossature

Charpente métallique rivetée (1892) 

Isolation

Isolation toiture sarking 18 cm

Bardage ext.

Brique de Paris — façade rue

Façade principale

Acier laqué noir mat

Toiture

Toiture zinc bac acier + verrière

Performance & Énergie

Label

RT Réhabilitation 2012 — Classe B

Chauffage

Plancher chauffant eau + radiateurs acier

ECS

PAC air/eau réversible

Ventilation

VMC double flux

Consommation

< 62 kWh/m²/an

PV

Éclairage 100% LED

Palette matériaux

Quatre matières, une grammaire cohérente.

1

Brique de Paris — façade rue

Brique ancienne teinte rose-ocre. Façade rue conservée et rejointoyée. Patine XIXe respectée.

1

Acier laqué noir mat

Mezzanine, escalier et menuiseries intérieures. Laqué mat à haute température. Présence discrète, précision maximale.

1

Béton brut poli

Dalle existante poncée et imperméabilisée. Traces de coffrage et joints de reprise volontairement conservés.

1

Chêne naturel huilé clair

Plan de travail cuisine et tablette mezzanine. Teinte claire pour réfléchir la lumière nord sans la réchauffer.

« Laisser entrer la lumière comme on accueille un visiteur, sans condition, sans rendez-vous. C'est tout ce que demandait cet espace. »

Julien Marceau

Architecte DPLG
Marceau Studio — 2023