Villa Cimes — 2023

Une maison posée comme un regard sur les Alpes.

Megève · Haute-Savoie

Résidentiel privé

Bois · Acier · Pierre

412 m²

Présentation

Un volume habité qui ne contrarie pas la montagne.

La Villa Cimes est une résidence de 412 m² implantée à 1480 mètres d’altitude sur un terrain en dévers au-dessus de Megève. Le programme associe quatre suites, une grande salle de vie ouverte sur le panorama, un spa semi-enterré et un double garage. La commande était exigeante : construire quelque chose de contemporain qui respecte la pente, n’écrase pas le paysage, et vieillit bien au contact de la neige et du bois.

Le résultat est une architecture de seuil — entre l’extérieur sauvage et l’intérieur chaud — où la limite entre dedans et dehors ne se ferme jamais complètement.

Lieu

Megève, Haute-Savoie

Année de livraison

2023

Surface habitable

412 m²

Type

Chalet — haut de gamme

Altitude

1 480 m

Structure

Béton / ossature bois douglas

Façade

Bardage mélèze — acier Corten patiné

Paysagiste

Atelier Sève, Annecy

Ingénierie

Bureau Alpestruct, Lyon

Récit de projet

Ce que la montagne impose, et ce que l'architecte apprend à écouter.

Le chantier a duré vingt-trois mois. Chaque phase a été contrainte par la météo, la pente et la logistique d’un accès étroit. Ce sont ces contraintes qui ont produit le caractère de la maison.

Le site comme programme invisible

Quand Julien Marceau a rencontré la parcelle pour la première fois, il faisait un matin de novembre, la neige fraîche couvrait tout. Il s’est assis sur un rocher et a regardé le Mont-Blanc pendant une heure. Ce qu’il voyait n’était pas un défi de constructio, c’était une question de modestie. Comment faire en sorte que la maison sache sa place ?

La pente de 22° orientait naturellement le projet vers le sud-est. Plutôt que de terrasser pour créer un plateau artificiel, le studio a choisi d’ancrer le rez-de-chaussée dans la roche, béton brut, semi-enterré et de lancer un volume en bois au-dessus, léger, posé sur des lisses d’acier. Le contraste entre la lourdeur minérale du socle et la légèreté de l’élévation est devenu le motif générateur de tout le projet.

« La maison devait être un promontoire, pas une forteresse. Elle regarde, elle ne domine pas. »

La façade comme calendrier

Le mélèze qui habille les façades latérales et arrière n’a pas été traité. Il grisonne, il noircit les hivers, il reprend du blond au printemps. Dans dix ans, la maison aura la teinte des chalets anciens. C’était le souhait du maître d’ouvrage : une maison qui appartienne au paysage sans s’y dissoudre.

La façade principale, au contraire, est en acier Corten patiné — un seul plan de métal rouillé percé d’une verrière de 7,4 m de largeur. Ce contraste de temporalités — le bois qui vieillit doucement, l’acier qui se fige dans sa couleur d’oxyde, raconte deux façons d’habiter la montagne : la patience et la permanence.

L'intérieur comme gradient de chaleur

À l’intérieur, les matières progressent du minéral vers l’organique. Les sols du rez-de-chaussée sont en béton ciré teinte ardoise. À mesure que l’on monte, le chêne brossé prend le relais, plus clair, plus doux sous les pieds. Les murs blancs au plâtre à la chaux absorbent la lumière différemment selon l’heure, le matin, la chambre principale se remplit d’un or pâle qui rappelle les bivouacs de haute altitude.

Galerie photographique

Chaque prise de vue est un moment précis de la journée.

Données techniques

Construire en altitude exige une rigueur accrue.

412

m² habitables

23

mois de chantier

1480

m d’altitude

Structure & Enveloppe

Fondations

Acier Corten patiné

Ossature

Bois douglas CLT

Isolation

Laine de bois 26 cm

Bardage ext.

Mélèze non traité

Façade principale

Acier Corten 6 mm

Toiture

Zinc patiné — pente 12°

Performance & Énergie

Label

RE 2020 — Niveau E2

Chauffage

Plancher eau + poêle de masse

ECS

PAC + capteurs solaires

Ventilation

VMC double flux

Consommation

< 45 kWh/m²/an

PV

12 panneaux intégrés toiture

Palette matériaux

Quatre matières, une grammaire cohérente.

1

Mélèze non traité

Bardage naturel — façades latérales et arrière. Grisonne en surface, reste stable en cœur.

1

Acier Corten patiné

Façade principale. La rouille en surface protège l’acier en profondeur. Couleur permanente après 18 mois.

1

Béton ciré teinte ardoise

Sols rez-de-chaussée et spa. Aspect mat, lisse, résistant aux cycles gel/dégel.

1

Chêne massif brossé

Parquet et escaliers à l’étage. Finition naturelle, légèrement brossée pour rappeler le grain du bois.

« Je ne voulais pas une maison qui dit : regardez comme je suis belle. Je voulais une maison qui dit : regardez comme elle est belle, cette montagne. »

Julien Marceau

Architecte DPLG
Marceau Studio — 2023